Brexit : Nigel Farage dénonce le « pire accord de l’histoire »

Brexit : Nigel Farage dénonce le « pire accord de l’histoire »

Theresa May est parvenue, au forceps, à faire accepter l’accord de sortie de l’UE par son gouvernement. La tâche sera plus ardue devant le Parlement.

«  This is the worst deal in history  », a affirmé Nigel Farage, qui fut le principal artisan de la victoire du «  leave  » au référendum de 2016 sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. Pour l’ancien président du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Ukip) et député au Parlement européen, «  tout ministre qui est vraiment favorable au Brexit doit maintenant démissionner  ».

Hier, lors d’un conseil des ministres extraordinaire, le premier ministre britannique Theresa May a obtenu l’accord de son gouvernement à l’accord de rupture avec l’UE finalisé la veille à Bruxelles avec le négociateur en chef pour le Brexit, le Français Michel Barnier. Selon des indiscrétions, les débats, qui ont duré cinq heures, ont été «  passionnés  », et plus d’un tiers des ministres britanniques présents lors de ce conseil se sont prononcés contre ce texte.

Selon elle, celui-ci, lourd de 585 pages et qui n’a été rendu public que dans la soirée d’hier, permet de «  reprendre le contrôlede notre argent, de nos lois et de nos frontières, en finit avec la libre circulation des personnes, protège les emplois, la sécurité et notre unité nationale  ».

Cela semble plus compliqué que cela puisque, selon Michel Barnier, le Brexit sera accompagné d’une «  période de transition  » aux contours assez flous  : «  Le Royaume-Uni quittera l’UE le 29 mars 2019, mais pendant une période de 21 mois, jusqu’au 31 décembre 2020, nous nous sommes mis d’accord pour maintenir la situation actuelle du marché intérieur, de l’union douanière et des politiques européennes. Cela permettra aux citoyens, aux administrations et aux entreprises de se préparer.  »

La suite s’annonce extrêmement difficile pour Theresa May, qui doit faire ratifier cet accord par le Parlement. Or le Labour (le parti travailliste) de Jeremy Corbyn y est défavorable, avec l’arrière-pensée qu’un rejet permettrait d’envisager la tenue d’un nouveau référendum, et le Parti unioniste démocrate(DUP) d’Irlande du Nord, dont les dix députés assurent aux conservateurs de Theresa May la majorité dont ils ne disposent plus seuls depuis les élections de l’an dernier, va étudier toutes les clauses relatives aux relations entre les deux Irlande, ayant annoncé qu’il refuserait «  un texte qui coupe en deux le Royaume-Uni  ». Le camp conservateur est quant à lui divisé, une forte minorité refusant que la sortie de l’UE soit soumise au versement de 45 milliards d’euros à l’Union européenne, sorte de «  solde de tout compte  » à acquitter de façon échelonnée durant près d’un demi-siècle.

« C’est un truc d’Etat vassal », a tempêté l’ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson. « Les gens n’ont pas voté pour devenir une colonie », avait déjà asséné celui qui avait démissionné en juillet dernier pour protester contre la façon dont se déroulaient les négociations.

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