Emmanuel Macron se rend à Molenbeek, « lieu d’intégration »

Emmanuel Macron se rend à Molenbeek, « lieu d’intégration »

En visite d’Etat en Belgique, le président de la République française s’est rendu à Molenbeek, la ville de Salah Abdeslam et de nombreux autres djihadistes. Il y a célébré la capacité d’« intégration » de la ville.

Au mur, l’affiche d’une exposition photographique organisée en 2016 par la Maison des cultures de Molenbeek, «  Face(s) Molenbeek  », représentant des habitants de la ville. Autour de la table, des Molenbeekoises, dont plusieurs femmes portant le voile, conversant avec Emmanuel Macron.

Au deuxième jour de son voyage en Belgique, Emmanuel Macron était aujourd’hui à Molenbeek (de son nom complet Molenbeek-Saint-Jean), cette ville de 100 000 habitants à la périphérie de Bruxelles qui est devenu le symbole du djihadisme en Europe  : c’est de là que sont partis, c’est là que vivaient, c’est là que sont nés plusieurs des membres des commandos islamistes – dont Salah Abdeslam, le seul à avoir survécu – venus assassiner 130 personnes, dont 90 au Bataclan, et faire plus de 400 blessés, le 13 novembre 2015 à Paris.

Le président de la République française venait-il se rendre compte de la réalité de cette ville qui a engendré tant de djihadistes ? Venait-il voir quel terreau il ne lui fallait surtout pas laisser se développer dans les villes françaises, dont certaines sont déjà appelées, comme c’est le cas pour Trappes, des « Molenbeek françaises » ?

Nullement. Emmanuel Macron et son épouse, accompagnés du roi Philippe et de la reine Mathilde, sont venus rendre visite à « La Vallée », un « espace de co-working », c’est-à-dire un « espace de travail, de rencontre et de partage pour les créateurs » installé dans une ancienne blanchisserie et sur 6 000 m2, ainsi qu’il se présente.

Dernier événement qui se soit tenu à La Vallée – il s’y tient en ce moment même : une série « d’activités artistiques et socioculturelles » dans le cadre des Journées nationales de la prison sur le thème « A quoi sert (vraiment) la prison ? », avec « présentation d’une expérience de journalisme participatif et citoyen réalisé avec des détenus de la prison de Mons », « animations pédagogiques sur le thème de la prison accessibles à un public scolaire/adulte sur réservation », « la question de l’être et apparaître » en milieu carcéral, etc.

Se réjouissant de la venue du président français, Pierre Pévet, directeur de La Vallée, a expliqué : « Que le président Macron ait cette image positive, c’est important. Mais que les populations et tout le monde se rendent compte que Molenbeek est quelque chose de positif, c’est important aussi », tandis qu’Emmanuel Macron s’est réjoui que « Molenbeek, territoire marqué par l’image du drame terroriste », soit « aussi un lieu d’initiatives, de partage et d’intégration »

« C’était formidable de voir cette énergie, cette innovation sociale, culturelle, morale je dirais », a-t-il déclaré à sa sortie de La Vallée, ajoutant : « Ce n’est pas juste » de regarder uniquement Molenbeek au prisme « des mauvais évènements ».

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