La libre circulation des Kosovars dans toute l’UE, c’est pour 2020

La libre circulation des Kosovars dans toute l’UE, c’est pour 2020

Johannes Hahn, commissaire européen pour la Politique de voisinage et les Négociations d’élargissement, l’a annoncé aux Kosovars : il est « réaliste » de penser qu’en 2020, c’est-à-dire dans deux ans, les habitants du Kosovo pourront circuler sans visa dans toute l’Union européenne.

En visite à Pristina, la capitale du Kosovo, Johannes Hahn a annoncé que la « libéralisation des visas », autrement dit la suppression des visas Schengen, pour les ressortissants du Kosovo, aurait lieu en 2020. A cette date, ils pourront circuler librement dans tous les pays de l’Union européenne, et, accessoirement, la célèbre Leonarda Dibrani pourra donc venir en France sans avoir à en demander l’autorisation.

La Commission européenne estime en effet que le Kosovo a souscrit aux 95 critères qui avaient été fixés, mais qu’il faut encore que l’ensemble des Etats membres donnent leur accord, d’où le délai de deux ans.

Loin de réjouir les autorités kosovars, cette annonce les a mis en fureur, car promesse leur avait été faite que cette libre circulation entrerait en vigueur dès cette année. Johannes Hahn a cherché à les apaiser en leur expliquant que cela était difficile… aussi près des élections européennes.

Résultat  : l’opposition kosovar réclame la démission du premier ministre, Ramush Haradinaj, qui avait imposé la signature d’un accord frontalier avec le Monténégro, sous la pression de l’Union européenne, moyennant l’assurance que la libéralisation des visas aurait lieu cette année.

La crise politique grave qui agite le Kosovo entraîne, à son tour, des répercussions au sein de l’Union européenne. Le Slovène Igor Soltès, rapporteur sur le Kosovo au Parlement européen et membre du groupe des Verts/Alliance libre européenne, a déploré ce délai de deux ans supplémentaires en prenant partie pour le Kosovo : « Le Kosovo a fait sa part, tandis que l’UE retarde le processus de libéralisation du régime de visas. »

Une vingtaine de députés au Parlement européen, issus de différents pays et de différents groupes – dont plusieurs du Parti populaire européen – ont même écrit au président du Conseil européen pour lui demander de libéraliser les visas «  sans plus attendre  ».

Dans un rapport adopté le 29 novembre dernier par le Parlement européen, une majorité d’élus avait considéré qu’il était « essentiel de libéraliser le régime des visas pour le Kosovo dans les meilleurs délais » car « cette libéralisation accroîtra la stabilité du Kosovo et le rapprochera de l’Union en facilitant les voyages et les affaires, et aidera à lutter contre le trafic de clandestins ».

Ce rapport notait aussi, à l’alinéa suivant, que le Kosovo devait « poursuivre [ses] efforts en matière de lutte contre la criminalité organisée, le trafic de stupéfiants, la traite des êtres humains et la corruption et de déployer des efforts concrets pour gérer les flux migratoires illégaux et le nombre de demandes d’asile non fondées » et déplorait « la réticence qui existe à traiter des affaires de crimes de guerre ».

Malgré tout, le Parlement européen pressait le Conseil d’adopter rapidement son mandat afin de progresser vers l’adoption d’un régime d’exemption de visas » pour les Kosovars.

L’été dernier, le Grec Dimitris Avramopoulos, commissaire européen pour la Migration, les Affaires intérieures et la Citoyenneté, avait déclaré :

« J’invite à présent le Parlement européen et le Conseil à adopter rapidement notre proposition visant à lever l’obligation de visa pour les citoyens du Kosovo. Il s’agira d’un moment important pour le Kosovo, pour toute la région des Balkans occidentaux et pour l’Europe dans son ensemble. »

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