La répartition des migrants jugée « prioritaire » sur la sécurité intérieure

La répartition des migrants jugée « prioritaire » sur la sécurité intérieure

Pour la Cour des comptes européenne, il est plus important de s’assurer que la dissémination des migrants au sein de l’UE se déroule bien que de savoir si les gardes-frontières disposent des moyens nécessaires à leur mission.

La Cour des comptes européenne vient de publier son programme de travail pour l’an prochain. « Cette tâche sera plus importante que jamais en 2019, année où les négociations du cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE pour la période 2021-2027 doivent s’achever, où le Royaume-Uni quittera l’Union et où un nouveau Parlement européen sera élu », explique son président, l’Allemand Klaus-Heiner Lehne. De sorte que ce sont pas moins de « 35 rapports spéciaux et autres rapports d’analyse » qui doivent être publiés, couvrant un « vaste éventail de questions, qui reflètent les défis auxquels l’UE fait face à l’heure actuelle ».

Or l’examen des audits prévus fait apparaître un ordre de priorité des « défis » pour le moins étonnant. Au chapitre « Défis en matière de migration, de sécurité et de développement durable au niveau mondial » – le « développement durable » est considéré comme un moyen de limiter les migrations –, la Cour des comptes juge « hautement prioritaire » de réaliser des audits sur la « relocalisation des migrants », c’est-à-dire sur leur répartition au sein des pays membres de l’UE, pour « évaluer » le rôle de la Commission dans cette politique de quotas, et sur la « qualité des données en matière d’appui budgétaire » à cette politique, alors que les investigations liées à la qualité des contrôles aux frontières ne sont que « prioritaires ».

La Cour des comptes européenne, qui ne distingue que deux catégories, le « hautement prioritaire » et le « prioritaire » – ce terme étant donc ici synonyme de « moins important » –, estime donc accessoire d’évaluer « si les États membres et les organes de l’UE œuvrent ensemble pour assurer la disponibilité des outils et informations nécessaires au maintien des niveaux élevés de sécurité à nos frontières » et si les « informations et outils dont disposent les gardes-frontières » répondent à leurs besoins.

Klaus-Heiner Lehne, qui préside la Cour des comptes européenne depuis 2016, avait auparavant siégé durant vingt ans au Parlement européen (1994-2014), comme député de la CDU d’Angela Merkel. Siégeant au sein du Parti populaire européen, il avait été durant dix ans le coordinateur du groupe PPE à la commission des Affaires juridiques.

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