La signature de l’accord sur le Brexit prévue pour dimanche reste incertaine

La signature de l’accord sur le Brexit prévue pour dimanche reste incertaine

Dimanche doit se tenir à Bruxelles un sommet pour signer l’accord régissant la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. A deux jours de l’événement historique, nul n’est sûr qu’il pourra avoir lieu. A cause notamment, ainsi qu’Info Nations l’avait fait valoir, du statut de Gibraltar.

« La “décolonisation“ de Gibraltar fait irruption dans le Brexit », titrions-nous le 6 novembre dernier. Deux semaines plus tard, le statut du « rocher » pourrait bien faire échouer la signature prévue, dimanche à Bruxelles, de l’« accord de divorce » entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, en présence de l’ensemble des chefs d’Etat ou de gouvernement des pays de l’UE.

Ainsi que le rapporte Le Monde de ce soir, le « principal obstacle » à la signature de l’accord a pour nom Gibraltar. « Les Espagnols réclament de rouvrir à la marge les 585 pages du traité de divorce pour y faire figurer en toutes lettres un droit de veto sur la situation future de ce territoire, dénoncé comme une colonie britannique. »

Le premier ministre socialiste espagnol a été catégorique : « Si cela n’est pas résolu d’ici dimanche, l’Espagne, malheureusement […] devra voter non et exercer sa capacité de veto car c’est une question qui affecte l’essence de notre pays. »

Fragilisé dans son pays, Pedro Sanchez a donc décidé d’adopter un profil dur, afin d’ôter un argument à l’opposition qui l’accusait d’avoir «  manqué une opportunité historique […] de décoloniser la dernière enclave coloniale en Europe  ».

C’est aussi une façon de mettre une pression supplémentaire sur Theresa May, elle aussi fragilisée dans son pays et qui le serait encore plus si elle ne parvenait pas à concrétiser dans deux jours cet accord de sortie de l’UE, après avoir dit aux Britanniques qu’il n’y en avait pas d’autre possible. Et de la pousser à organiser un nouveau référendum, ainsi que l’aurait voulu Pedro Sanchez ?

La question du statut de Gibraltar n’est pas le seul point d’achoppement. En dehors de la délicate question de l’Irlande, l’autre point de désaccord majeur porte sur la pêche. Plusieurs pays, dont la France et l’Espagne, veulent « sécuriser » leur accès aux eaux britanniques, alors que le traité ne prévoit rien d’autre à ce sujet, pour le moment, que la nécessité de trouver un accord… avant le 1erjuillet 2020.

Que le sommet prévu dimanche se tienne ou pas, le chemin est encore long pour que le Brexit soit effectif, puisque, s’il a été fixé au 29 mars 2019, l’accord que l’on croyait avoir été trouvé et qui ne l’est devra encore être adopté par le Parlement européen et par une majorité de parlementaires britanniques. Et cela ne sera pas le plus simple…

Fermer le menu