Le « cordon sanitaire » tient encore face au Vlaams Belang

Le « cordon sanitaire » tient encore face au Vlaams Belang

Le Vlaams Belang avait mené campagne pour les élections municipales et provinciales qui ont lieu dimanche dernier en Belgique derrière ce slogan : « Eerst onze Mensen » (« Notre peuple d’abord »). Les électeurs ont été nombreux à s’y reconnaître.

Comme le constate Nicolas Bay, coprésident du groupe Europe des Nations et des Libertés (ENL) au Parlement européen, « dans les Flandres belges, nos alliés du Vlaams Belang ont fait un retour spectaculaire. Partout ils progressent, marquant un coup d’arrêt aux difficultés électorales qu’ils avaient rencontrées ces dernières années. Ainsi, dans les provinces flamandes, nos alliés obtiennent 13 % des voix, soit 7 % de plus qu’en 2014 ».

A Anvers, où le Vlaams est en légère progression à 10,5 % des suffrages, alors que la N-VA se tasse mais conserve sa suprématie (35,3 %), le bourgmestre sortant, Bart De Wever, qui est aussi le président de la N-VA (Nieuw-Vlaamse Alliantie, conservateur), a rencontré Filip Dewinter, leader local et figure nationale du Vlaams, dans le cadre de ses consultations pour constituer une majorité. Dewinter lui a présenté ses conditions pour une alliance ou pour un soutien sans participation, la première étant « que cesse l’immigration » mais De Wever lui a déjà répondu qu’« il faudrait être totalement fou pour gouverner la plus grande ville de Flandre et le plus important moteur de l’économie régionale avec le soutien de l’extrême droite ».

Le Vlaams Belang franchit la barre des 20 % dans plusieurs villes, comme à Schoten (35 000 habitants) où son président, le jeune et dynamique Tom Van Grieken (il a 32 ans), qui a succédé en 2014 à Gerolf Annemans, devenu président du Mouvement pour une Europe des Nations et des Libertés (MENL),  était candidat. « Le Vlaams Belang is back », s’est réjoui Tom Van Grieken, appelant la N-VA à gouverner avec son parti « la où cela est possible », soit dans une vingtaine de communes.

A Alost (près de 90 000 habitants), le Vlaams recueille en effet les 17 % qui manquent à la N-VA (33 %) pour atteindre la majorité absolue, mais on pourrait aussi citer Roeselare (60 000 habitants) ou Turnhout (40 000 habitants), où le Vlaams talonne la N-VA, mais où, là aussi, cette dernière a décidé de constituer une majorité reléguant le parti de Van Grieken dans l’opposition.

Mais c’est à Ninove, une ville de 40 000 habitants située en Flandre-Orientale, que le Vlaams Belang a obtenu son meilleur score : la liste Forza Ninove, conduite par le député au Parlement flamand Guy D’haeseleer, y a recueilli 40 % des suffrages. Les deux sièges qui lui font défaut pour constituer une majorité sont ceux dont dispose la N-VA. Or, l’alliance, qui paraissait évidente, ne s’est pas non plus réalisée. La faute au président de la N-VA, qui a été formel : « Les chances qu’une négociation aboutisse entre Forza Ninove et la locale de la N-VA se situent en dessous de zéro. »

Une photo humoristique, abondamment relayée par les médias belges, a été exhumée à point nommé pour empêcher tout pourparler. La rencontre prévue entre les deux formations n’a donc pas eu lieu et la direction locale de N-VA a publié ce communiqué : « Après une consultation interne et avec les leaders nationaux du parti, le bureau politique [local] est arrivé à la conclusion de ne pas répondre favorablement à l’invitation [à négocier] de Forza Ninove. »

« Breek Het Cordon » (« Brisez le cordon ! »), avait réclamé le Vlaams durant toute la campagne, appelant les Flamands à propager largement ce message d’espoir, le « cordon » étant le « cordon sanitaire » dressé par l’ensemble de la classe politique belge pour empêcher le Vlaams Belang d’accéder à des fonctions exécutives. Il tient donc encore. 

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