Le grand flop des « consultations citoyennes » sur l’Union européenne

Le grand flop des « consultations citoyennes » sur l’Union européenne

Emmanuel Macron avait lancé l’idée lors de son discours de la Sorbonne de larges «  consultations citoyennes  » sur l’UE. Elles ont eu lieu. Bilan  : une participation très faible et très militante.

Dans son discours de la Sorbonne du 26 septembre 2017, Emmanuel Macron avait lancé l’idée d’organiser des « conventions démocratiques » dans toute l’Europe « pour identifier les priorités, les préoccupations, les idées qui nourriront notre feuille de route pour l’Europe de demain ». Rebaptisées « consultations citoyennes », elles ont eu lieu.

Si on n’en connaît pas encore les retombées dans les autres pays de l’Union, en France, elles ont fait pschitt ! Tenues, à la demande du ministre chargé des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, sous la supervision de la Commission nationale du débat public (CNDP), présidée par Chantal Jouanno, et avec l’aval de ce que toute l’Union européenne compte d’institutions, Commission européenne en tête, ces « consultations citoyennes » qui ont duré six mois et demi, de mi-avril à fin octobre, ne sont parvenues à attirer que 70 000 personnes. Soit 0,0015 % du corps électoral !

Le millier de réunions organisées a néanmoins fait l’objet d’un rapport de restitution des « débats » et opinions émises, rapport fort de plus de 160 pages  ! Il relative encore plus le total échec de ces consultations dans la mesure où il apparaît que sur les 1 082 réunions organisées, près d’un tiers l’a été par des organisations pro-européennes, qui avaient mobilisé leurs militants.

Au final, des « conclusions » d’une rare banalité, ainsi résumées (page 16) : « Les citoyens réunis lors de ces consultations, bien que très critiques sur la conduite des politiques publiques, n’envisagent pas la résolution des grands défis mondiaux en dehors du cadre européen. Ils attendent – quels que soient les domaines – une Union européenne plus efficace, au fonctionnement institutionnel plus transparent. Ils seraient fiers d’appartenir à une Union dont l’horizon politique serait centré sur une meilleure capacité à défendre leurs valeurs et leurs intérêts communs, ainsi que sur une ambition sociale et environnementale humaniste. »

Et sur la question des migrants ? Un inventaire de bons sentiments, comme ces préconisations (page 94), réunies sous le titre « Pour une Europe qui intègre mieux les migrants » : « Mettre en place une structure type “cadre de concertation citoyenne des immigrants“ » ou « Demander aux migrants leur avis sur leur accueil et leurs pistes pour l’améliorer ».

Ou encore, page suivante, sous le titre « Pour un accueil des migrants en résonance avec les valeurs de l’UE » : « Augmenter les capacités de logements et d’infrastructures pour les accueillir » ou « Mettre en place un parrainage des nouveaux arrivants par des habitants volontaires ».

Or ce document, et ceux établis à l’issue des concertations organisées dans les autres Etats membres, vont être étudiés et synthétisés par la Commission européenne pour produire une feuille de route supposée tenir compte des aspirations des Européens pour la politique future de l’Union européenne.

Ne serait-il pas plus sage d’attendre les élections européennes, qui risquent d’apporter une vision un peu différente ?…

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