Le Parti populaire européen empêtré dans le piège Orbán

Le Parti populaire européen empêtré dans le piège Orbán

Le PPE a tranché  : Viktor Orbán et son parti, le Fidesz, pourront rester en son sein. Une décision qui vise à maintenir une apparence d’unité jusqu’en mai prochain.

«  Le congrès du Parti populaire européen (PPE), présidé par le Français Joseph Paul (LR), qui se tiendra les 7 et 8 novembre à Helsinki, en Finlande, s’annonce tendu  », écrivions-nous le 17 octobre après que Jean-Claude Juncker avait affirmé dans Le Monde que Viktor Orbán n’y avait «  plus sa place  ». Il n’en sera rien.

Réunis le 17 octobre à Bruxelles, les dirigeants du PPE ont décidé que la priorité était de préserver l’unité du parti jusqu’aux élections européennes et de mettre sous le boisseau les importantes dissensions internes. Celles-ci s’étaient manifestées au grand jour lors du vote sur le déclenchement de l’article 7 du traité de l’Union européenne contre la Hongrie pour «  non-respect de l’Etat de droit  ». Sur les 204 élus du PPE qui avaient pris part au vote (sur 209), une large majorité de 118 députés avaient voté en faveur de ce texte (soit 58  %), seuls 58 s’y opposant (dont les 12 élus hongrois du Fidesz) et 28 s’étaient réfugiés dans l’abstention.

Une majorité de députés du PPE ayant enclenché la procédure pouvant aboutir à ce que la Hongrie de Viktor Orbán puisse être privée de son droit de vote au Conseil européen – c’est-à-dire mise au ban de l’UE –, il eût été logique que le premier ministre hongrois soit banni du PPE. Or il n’y aura finalement «  pas d’exclusion, pas de sanction, rien du tout  », selon les termes du secrétaire général du PPE, l’Espagnol Antonio López-Istúriz.

Un désaveu pour Jean-Claude Juncker, mais aussi pour le Finlandais Alexander Stubb, candidat au titre de «  Spitzenkandidat  » du PPE, qui avait réclamé sa tête, et pour le Français Jean Leonetti, donné favori pour conduire la liste des Républicains aux élections européennes  : «  On rentre dans une procédure qui est irréversible […] Je ne vois pas comment on pourra ne pas activer l’article 7 et donc, par voie de conséquence, on ne pourra pas garder Viktor Orbán  » au sein du PPE, avait-il déclaré le 12 septembre.

Fin politique, Viktor Orbán avait pris soin d’apporter son soutien à l’autre candidat déclaré au titre de «  SpitzenKandidat  » du PPE, le Bavarois Manfred Weber (CSU), président du groupe PPE au Parlement européen, bien que celui-ci ait voté en faveur du déclenchement de l’article 7 contre la Hongrie, le premier ministre hongrois se posant ainsi – à condition que l’on veuille bien de lui… – en «  faiseur de roi  ».

Ainsi conforté, Viktor Orbán a même décidé de pousser l’avantage en faisant savoir que la Hongrie allait attaquer, devant la Cour de justice de l’Union européenne, la décision de recourir à l’article 7 contre son pays. Il attaque donc devant la justice européenne un texte pris avec l’approbation de la majorité des élus du parti européen auquel il appartient.

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