Les Hongrois consultés sur une politique familiale ambitieuse

Les Hongrois consultés sur une politique familiale ambitieuse

Tous les foyers hongrois sont en train de recevoir un questionnaire du secrétariat d’Etat à la Famille. Dix questions leur sont posées. Pour assurer la survie du peuple hongrois.

La Consultation nationale sur la politique familiale a été présentée la semaine dernière par Katalin Novak, secrétaire d’Etat à la Famille et à la Jeunesse au sein du grand ministère des Capacités humaines. Mère de trois enfants de dix à quatorze ans, elle est également depuis septembre dernier vice-présidente du Fidesz, le parti de Viktor Orban.

«  L’Europe est un continent de berceaux vides, il n’y a pas assez d’enfants  », a-t-elle affirmé, expliquant qu’elle souhaitait, pour repeupler le pays – et, au-delà, le continent –, que «  la Hongrie compte sur sa propre vitalité  » et non pas sur «  les migrations importantes vers l’Europe  », car le gouvernement hongrois a pour mission de se préoccuper de «  l’avenir des enfants hongrois  ».

Le cabinet de Viktor Orban a insisté sur ce point  :

« Le secrétaire d’État a souligné que le gouvernement hongrois ne voulait pas résoudre le problème de la population hongroise par la migration, comme le font plusieurs pays européens, mais en soutenant les familles hongroises qui élèvent des enfants et les jeunes qui créent une famille »

La première question des dix questions qui sont soumises à la réflexion de l’ensemble des Hongrois, qui doivent y répondre par oui ou par non d’ici au 21 décembre, pose donc le débat général en ces termes  :

« Etes-vous d’accord pour dire que la diminution de la population du pays ne doit pas être résolue par les migrations mais plutôt par un renforcement de l’aide aux familles ? »

En conséquence de quoi, le gouvernement de Viktor Orban propose toute une série de mesures concrètes, qui vont de prêts sans intérêt pour l’installation des jeunes couples à l’instauration d’un dispositif qui s’apparenterait à un salaire maternel – la « reconnaissance d’une véritable maternité à plein temps » pour celles qui élèvent au moins quatre enfants – ou à l’exonération à vie de l’impôt sur le revenu pour les mères de famille de trois enfants et plus qui continueraient à travailler.

D’autres questions sont d’ordre plus général, mais leurs implications n’échapperont à personne. Ainsi de la question 9 : « Etes-vous d’accord avec le principe selon lequel l’enfant a droit à un père et à une mère ? » et même de la question 8 : « Etes-vous d’accord pour dire que le développement intellectuel, spirituel et physique de nos enfants est une valeur que l’État hongrois doit également protéger ? »

Comme l’a expliqué Katalin Novak, une réponse positive à cette question permettrait de procéder à une révision de la Constitution, afin que la politique familiale soit « gravée dans le marbre » et ne soit pas soumise aux aléas des changements de gouvernement, comme ce fut le cas avec la coalition social-libérale au début des années 2000 qui avait supprimé une partie des allocations familiales.

Les mesures déjà prises depuis 2010 par le gouvernement de Viktor Orban ont permis de faire remonter le taux de fécondité des Hongroises de 1,23 enfant par femme en 2011 à 1,5 enfant par femme en 2017, mais ce taux reste insuffisant pour assurer le renouvellement des générations et, en raison du vieillissement de la population, les projections à long terme sont dramatiques. D’où la nécessité d’une politique nataliste et familiale volontariste.

Fermer le menu