Les partis de gouvernement s’effondrent en Bavière

Les partis de gouvernement s’effondrent en Bavière

« Défaite écrasante » pour la CSU et le SPD, titre ce lundi le grand quotidien de centre droit Die Welt, au lendemain des élections régionales en Bavière, et les chiffres le justifient.

La CSU, branche bavaroise de la CDU d’Angela Merkel, est certes arrivée très largement en tête, mais, avec à peine plus de 37 % des voix, elle perd dix points par rapport au scrutin de 2013 et, surtout, avec seize sièges en moins, elle perd la majorité absolue dont elle disposait au Parlement régional. C’est son score le plus bas depuis les années 1950.

Les résultats sont bien plus calamiteux pour les sociaux-démocrates du SPD, associés au gouvernement de coalition d’Angela Merkel. Avec moins de 10 % des suffrages, ils voient leur score divisé par deux, et, de deuxième parti de la région en 2013, ils rétrogradent à la cinquième place.

Preuve de l’importance que les Bavarois accordaient à ces élections : la participation s’est élevée à 72,4 %, en forte hausse par rapport à 2013 (63,6 %) et par rapport aux élections régionales de 2008 (57,9 %).

Les vainqueurs du scrutin, même s’ils sont appelés à rester dans l’opposition, sont les Grünen (les Verts), qui, avec 17,5 % des voix, font plus que doubler leur score, et Alternative fûr Deutschland (AfD), qui, pour sa première participation – il venait juste d’être créé lors des élections régionales de 2013 –, recueille plus de 10 % des suffrages et s’installe directement comme la quatrième formation politique de Bavière, talonnant Freie Wähler (Les Electeurs libres) d’Hubert Aiwanger, qui progresse de près de trois points à 11,6 %.

Les 205 sièges du Parlement bavarois après ce scrutin se répartissent ainsi : 85 pour la CSU (– 16), 38 pour les Verts (+ 20), 27 pour Freie Wähler (+ 8), 22 pour l’AfD (+ 22), 22 pour le SPD (– 20), le parti libéral FDP sauvant de justesse ses 11 sièges.

Si l’hypothèse la plus probable est la formation d’un gouvernement régional d’alliance entre la CSU et Freie Wähler, auquel pourrait s’adjoindre le FDP, de sorte que la domination de l’Union chrétienne-sociale sur la Bavière n’est pas menacée, tous les regards sont tournés vers Berlin, tant les résultats bavarois pourraient avoir de conséquences sur le gouvernement d’Angela Merkel.

Pressentant que les Bavarois sanctionneraient la politique migratoire d’Angela Merkel, la CSU ne l’avait d’ailleurs pas conviée, contrairement à la tradition, à son dernier meeting de campagne, préférant y faire intervenir le chancelier autrichien Sebastian Kurz ; cela n’a pas suffit. Pas plus que les déclarations du ministre de l’Intérieur allemand, Horst Seehofer, et ses menaces, cet été, de quitter le gouvernement en raison de ses désaccords avec la politique migratoire dont il a la charge, ne sont parvenues à endiguer la progression de l’AfD. Angela Merkel a d’ailleurs appelé dès lundi ses ministres à taire désormais leurs désaccords sur la politique suivie en matière d’immigration, visant l’ancien ministre-président CSU du land de Bavière.

Le séisme politique créé par ces élections bavaroises pourrait connaître une réplique dès la fin du mois : le 28 octobre auront lieu des élections régionales en Hesse. Le ministre-président (CDU) Volker Bouffier est un proche de la chancelière et une percée plus nette encore de l’AfD est attendue.

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