Pour Emmanuel Macron, la Turquie est en Europe !

Pour Emmanuel Macron, la Turquie est en Europe !

Pour le président de la République française et chef des armées, la Turquie est un «  partenaire européen  » qu’il faut pouvoir défendre militairement.

Dans un entretien réalisé par Gilles Bouleau depuis le porte-avions Charles-de-Gaulle et diffusé hier soir par TF1, Emmanuel Macron a défendu le budget militaire, « le deuxième budget de la nation », a-t-il dit, après l’Education nationale. Il doit être maintenu et même renforcé, a-t-il expliqué, au nom de la protection de la France et au nom de la protection de nos « partenaires européens ». Ce qu’il a détaillé ainsi :

« Parce que quand on doit protéger nos partenaires européens, la Pologne, la Finlande, la Grèce ou la Turquie, ceux qui sont parfois aux confins de l’Europe […], il faut pouvoir les protéger et aujourd’hui trop souvent, lorsque nous devons les protéger, nous nous tournons vers les Etats-Unis d’Amérique. Donc ce n’est pas bon pour notre crédibilité, ce n’est pas bon pour notre souveraineté. »

Gilles Bouleau n’a pas réagi. La Turquie, « un partenaire européen » ? Voilà qui va faire plaisir à la Grèce, pour ne parler que d’elle puisqu’il l’a citée. Et elle aurait besoin de notre « protection », alors qu’elle est sous « parapluie » de l’Otan, malgré les appels à l’en exclure, et le plus solide allié des Etats-Unis dans la région ?

Même si cette bourde est d’une autre ampleur, ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat français manifeste sa méconnaissance de la géographie.

Durant la campagne électorale de 2017 qui l’avait vu accéder à l’Elysée, il avait ainsi, depuis Cayenne, parlé de la Guyane comme d’une « île », ou évoqué le cas d’un lycéen vivant en métropole qui avait dû rejoindre sa mère « expatriée en Guadeloupe »,avant de présenter ses excuses devant le tollé suscité.

Cette fois, l’affaire est plus délicate : s’il présente ses excuses au peuple français – et au peuple grec, et au peuple chypriote –, il s’expose à une vive réaction du président turc Recep Tayyip Erdogan… et à de nouveaux tweets narquois de Donald Trump.

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