REVELATIONS : La Commission européenne voulait dépenser 2,5 millions par an pour des locaux à Paris

REVELATIONS : La Commission européenne voulait dépenser 2,5 millions par an pour des locaux à Paris

La Commission européenne trouve ses bureaux parisiens trop petits. Elle voulait déménager. Son loyer annuel aurait été de près de 2,5 millions d’euros ! Le Conseil des ministres lui a demandé d’y renoncer. Pour le moment.

La décision du Conseil des ministres de l’Union européenne, signifiée par courrier à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, avec copie à Antonio Tajani, le président du Parlement européen, quelques jours plus tard, date du 17 décembre 2018 mais nous ne l’apprenons que maintenant. L’organe exécutif de l’UE, alors présidé par l’Autriche, a «  invité  » la Commission à retirer sa proposition de déménagement, tout en lui laissant la porte ouverte pour en «  soumettre une nouvelle  ».

Pourquoi une telle missive  ? Parce que depuis six mois, la Commission européenne – et le Parlement européen, partie prenante du projet – avait trouvé des locaux dignes d’abriter la nouvelle Maison de l’Union européenne dont elle entend disposer à Paris pour faire rayonner son action. De projets en contre-projets et demandes complémentaires, le projet initial, présenté en juin, a abouti une version finale, présentée le 20 novembre. Et là, le comité budgétaire du Conseil s’est étranglé.

Les locaux trouvés, situés à « un emplacement de choix », aurait coûté à la Commission un loyer annuel de près de 2,5 millions d’euros ! 2 478 217 euros pour être précis, soit la somme de 206 518 euros par mois ! Et cela durant vingt ans, car le bail qui ne demandait plus qu’à être signé engageait la Commission pour deux décennies – et donc pour une dépense locative de 50 millions d’euros !

Pour le Conseil, cette dépense, qui ne couvre même pas la totalité des frais locatifs de l’immeuble situé à un «  emplacement de choix  » puisqu’elle ne représente que la part de la Commission qui entendait le louer avec le Parlement européen, lequel aurait également dû verser la part afférente à la surface qui lui était réservée – nous n’en avons pas encore trouvé le montant –, est «  injustifiée  ».

D’autant plus injustifiée que la Commission et le Parlement disposent déjà d’une fort élégante « représentation » à Paris, déjà située pour le moins à un « emplacement de choix », puisqu’elle occupe le prestigieux immeuble qui fait l’angle entre le boulevard Saint-Germain et le quai Anatole-France, soit juste en face de l’Assemblée nationale et avec vue sur la Seine et la place de la Concorde (photo) ! Difficile de trouver un meilleur « emplacement de choix » ! La seule part du loyer actuel qui concerne la Commission pour cet immeuble officiellement domicilié au 288, boulevard Saint-Germain, celle à la charge du Parlement européen n’étant pas comptée ici, est de 944 543 euros par an, soit pas loin de 80 000 euros par mois !

Pourquoi vouloir à tout prix disposer de locaux à Paris – comme dans les autres Etats membres de l’UE. Pour «  pour lui permettre d’agir au plus près des citoyens et des parties prenantes  », avait-elle expliqué, mais cela, c’était avant que ces turbulents «  citoyens  » que sont les Gilets jaunes ne s’avisent, justement, de s’en aller faire un tour en direction de l’angle Saint-Germain/Anatole-France ainsi qu’ils ont tenté de le faire samedi dernier avant d’en être empêchés.

Et pourquoi vouloir déménager ? Parce que les locaux actuels, que la Commission et le Parlement occupent depuis 1990, sont jugés trop vétustes et mal agencés. Où voulaient-ils donc aller ? L’adresse n’a pas été communiquée mais, selon nos informations, l’immeuble retenu se trouve boulevard Haussmann… et ses travaux d’aménagement avaient déjà été confiés à deux sociétés françaises, qui avaient commencé à plancher sur le sujet, avaient intégré le marché dans leurs budgets prévisionnels et risquent donc d’entrer en contentieux avec la Commission européenne.

Un autre qui va devoir tout reprendre à zéro est Jean-Luc Wendling. En mars 2017, la Commission européenne l’avait débauché de l’Eurométropole de Strasbourg, où il était depuis quinze ans le chef du bureau d’études bâtiments, pour en faire le chef de ce projet immobilier. Depuis le Luxembourg, il avait pour mission, expliquait-il, de « faire de la prospection immobilière, [de] développer le projet et suivre le chantier pour l’installation de la Maison de l’Union Européenne à Paris ».

Sur Le Bon Coin, il trouvera peut-être des locaux plus abordables…

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